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Rénovation énergétique en copropriété : obligations, étapes, vote et financement

La rénovation énergétique d'une copropriété se décide en assemblée générale et se prépare par étapes : un état des lieux, des scénarios de travaux chiffrés, un vote à la majorité de l'article 25, puis un financement qui combine fonds de travaux, MaPrimeRénov' Copropriété, éco-prêt à taux zéro et primes d'énergie. Depuis le 1er janvier 2026, tout immeuble en copropriété dont le permis de construire date d'avant 2013 doit disposer d'un DPE collectif, et le plan pluriannuel de travaux, obligatoire après quinze ans, chiffre les travaux qui amélioreraient sa performance énergétique.

L'équipe MaCoproActive Mis à jour le 27 septembre 2026 10 min de lecture

Façade d'immeuble ancien à l'enduit écaillé, à côté d'une tourelle en pierre sculptée
Ce que la loi impose

Les obligations énergétiques de la copropriété

La loi n'oblige pas une copropriété à engager des travaux à une date donnée. Elle l'oblige à connaître sa performance, à programmer ses travaux et à mettre de l'argent de côté.

  • Le DPE collectif. Tout immeuble d'habitation collective dont le permis de construire a été déposé avant le 1er janvier 2013 doit en disposer. Échelonné selon la taille de 2024 à 2026, il est exigible pour toutes les copropriétés concernées depuis le 1er janvier 2026, et se renouvelle tous les dix ans, sauf si un DPE réalisé après le 1er juillet 2021 classe l'immeuble en A, B ou C.
  • Le plan de travaux qui suit le DPE. Une fois le DPE collectif réalisé, le syndic inscrit à l'ordre du jour de l'assemblée la question d'un plan de travaux d'économies d'énergie ou d'un contrat de performance énergétique. Un plan pluriannuel qui comporte ces travaux remplit l'obligation.
  • Le plan pluriannuel de travaux. Obligatoire quinze ans après la réception de l'immeuble, il liste les travaux à mener sur dix ans, estime le niveau de performance énergétique qu'ils permettraient d'atteindre, les chiffre et les hiérarchise. L'assemblée vote ses modalités d'élaboration à la majorité de l'article 24, puis son adoption, en tout ou partie, à celle de l'article 25.
  • Le fonds de travaux. Obligatoire dix ans après la réception, quel que soit le nombre de lots : la loi Climat et résilience a supprimé la dispense des petites copropriétés, et ses règles valent pour toutes depuis le 1er janvier 2025. La cotisation annuelle atteint au moins 5 % du budget prévisionnel et, si un plan pluriannuel est adopté, au moins 2,5 % du montant de ses travaux.
  • Le DTG reste facultatif. Le diagnostic technique global, qui comprend un DPE, n'est imposé qu'à la mise en copropriété d'un immeuble de plus de dix ans. Ailleurs, l'assemblée décide de le faire réaliser à la majorité de l'article 24 ; s'il ne fait apparaître aucun besoin de travaux sur dix ans, il dispense du plan pluriannuel.
Bon à savoir : Le DPE collectif ne remplace pas le DPE d'un appartement, mais il permet de l'établir, lot par lot, pour une vente ou une location.
Les bailleurs

Pourquoi les copropriétaires bailleurs sont en première ligne

Un logement trop énergivore n'est plus décent : son propriétaire ne peut plus le louer. Or les travaux qui font gagner une classe dépendent souvent de l'immeuble.

  • Un calendrier d'interdiction. Depuis le 1er janvier 2025, un logement classé G n'est plus décent ; les logements classés F suivront le 1er janvier 2028, et ceux classés E le 1er janvier 2034.
  • Des loyers gelés. Depuis le 24 août 2022, le loyer d'un logement classé F ou G ne peut plus être augmenté, ni à la révision annuelle, ni au renouvellement du bail, ni à la relocation.
  • Des travaux qui relèvent de l'assemblée. Isolation des murs et de la toiture, chaufferie, ventilation collective : les travaux les plus efficaces touchent les parties communes, et seul le syndicat peut les décider.
  • Les diligences du bailleur. En copropriété, le juge ne peut pas ordonner au bailleur des travaux de mise en conformité que seule l'assemblée pouvait décider, s'il prouve avoir accompli les démarches pour les faire voter.
Attention : Demander l'inscription de travaux d'économies d'énergie à l'ordre du jour de la prochaine assemblée, projet de résolution à l'appui, est la première démarche d'un bailleur dont le logement dépend de l'immeuble — et ce qui lui permet ensuite de justifier ses diligences.
Les étapes

Mener un projet de rénovation, de l'état des lieux au chantier

  • L'état des lieux. Le DPE collectif donne la classe de l'immeuble ; un audit énergétique ou un DTG va plus loin et chiffre des scénarios de travaux. Le conseil syndical y joint les factures d'énergie, le carnet d'entretien et les contrats de chauffage.
  • L'accompagnement. Une assistance à maîtrise d'ouvrage aide le syndicat à définir le projet, à mobiliser les aides et à informer les copropriétaires ; elle est obligatoire pour obtenir MaPrimeRénov' Copropriété.
  • La conception. Un maître d'œuvre — architecte ou bureau d'études — conçoit le programme, rédige le cahier des charges et consulte les entreprises. MaPrimeRénov' Copropriété l'exige au-delà de 100 000 € de travaux.
  • Les votes. L'assemblée vote les études et la maîtrise d'œuvre, puis, devis à l'appui, les travaux, leur financement et le calendrier des appels de fonds.
  • Les aides et les appels de fonds. Le syndic dépose les demandes d'aides collectives au nom du syndicat, puis appelle les quotes-parts selon l'échéancier voté ; chaque copropriétaire peut solliciter en parallèle ses aides individuelles.
  • Le chantier et la réception. Le maître d'œuvre suit les travaux et assiste le syndicat à la réception. Un nouveau DPE collectif constate ensuite la classe atteinte.
Bon à savoir : Un projet que les copropriétaires découvrent le jour de l'assemblée a peu de chances d'y être voté : réunions d'information, scénarios chiffrés et reste à charge par lot préparent la majorité de l'article 25.
Le vote

Voter les travaux : majorité, parties privatives, répartition

  • La majorité de l'article 25. Les travaux d'économies d'énergie ou de réduction des émissions de gaz à effet de serre se votent à la majorité des voix de tous les copropriétaires. Si la résolution recueille au moins le tiers de ces voix, un second vote a lieu aussitôt, à la majorité de l'article 24.
  • Des travaux sur les parties privatives. À la même majorité, l'assemblée peut voter des travaux d'intérêt collectif sur les parties privatives, comme l'isolation des fenêtres donnant sur l'extérieur ou l'équilibrage des radiateurs. Ils sont faits aux frais du copropriétaire concerné, sauf s'il prouve avoir réalisé des travaux équivalents dans les dix années précédentes.
  • La répartition du coût. Le coût se répartit selon les clés du règlement de copropriété : en règle générale les charges générales pour l'enveloppe de l'immeuble, la clé chauffage pour la chaufferie. Les aides collectives viennent en déduction pour tous.
  • L'isolation par l'extérieur et le voisin. Pour isoler une façade par l'extérieur, le syndicat dispose d'un droit de surplomb sur le fonds voisin, de 35 centimètres au plus et à deux mètres du sol au moins, contre une indemnité préalable ; le propriétaire voisin a six mois pour s'y opposer.
Le financement

Financer les travaux : fonds, aides et prêts

  • Le fonds de travaux. Il finance notamment les travaux du plan pluriannuel, et l'assemblée décide de son affectation. Constitué depuis plusieurs années, il réduit d'autant les appels de fonds du chantier.
  • MaPrimeRénov' Copropriété. L'aide de l'Anah, versée au syndicat, finance les travaux qui font gagner au moins 35 % d'énergie. La copropriété doit être immatriculée au registre national et avoir plus de quinze ans, compter au moins 75 % de résidences principales — 65 % jusqu'à vingt lots —, être accompagnée par une assistance à maîtrise d'ouvrage et faire appel à des entreprises RGE.
  • Son montant, en 2026. 30 % du montant des travaux pour un gain d'au moins 35 %, 45 % pour un gain d'au moins 50 %, dans la limite de 25 000 € de travaux par logement. Des bonifications s'ajoutent pour une copropriété fragile ou la sortie d'une passoire thermique, et des primes individuelles pour les ménages modestes.
  • L'éco-prêt à taux zéro copropriété. Le syndicat l'emprunte pour le compte des copropriétaires qui choisissent d'y participer, jusqu'à 50 000 € par logement, sur quinze ans au plus — vingt pour une rénovation globale ou un prêt couplé à MaPrimeRénov' Copropriété. Il est ouvert jusqu'au 31 décembre 2027.
  • Les certificats d'économies d'énergie. Les fournisseurs d'énergie versent des primes pour les travaux d'économies d'énergie, y compris en copropriété ; elles se cumulent avec MaPrimeRénov' Copropriété et l'éco-prêt.
  • L'emprunt collectif. Le syndicat peut aussi souscrire un emprunt au bénéfice des seuls copropriétaires qui le souhaitent, pour financer leur quote-part des travaux votés.
Bon à savoir : Taux, plafonds et conditions des aides changent chaque année : un conseiller France Rénov', service public gratuit, vérifie l'éligibilité de la copropriété avant que l'assemblée ne vote.
Dans MaCoproActive

Préparer la rénovation avec le conseil syndical

  • Les diagnostics et leurs échéances. DPE collectif, DTG et plan pluriannuel se rangent avec leur rapport, leur conclusion, leur prestataire et leur fin de validité ; ceux qui périment dans les trois mois ressortent d'eux-mêmes.
  • Le projet, de l'idée au vote. Chaque projet de travaux porte son besoin, son estimation, l'année visée et l'assemblée qui en décide ; études et devis indicatifs s'y joignent, et le fil de notes garde la trace des échanges du conseil.
  • Les devis comparés. Une fois voté, le projet devient un chantier : ses devis se comparent, le moins-disant en tête, et celui qui est retenu se choisit depuis sa fiche.
  • Le vote en assemblée. Chaque résolution porte sa règle de majorité ; le vote en ligne se dépouille aux tantièmes et la fiche indique si la majorité est atteinte.
Calendrier

Les obligations de la copropriété, et depuis quand

Obligations énergétiques d'une copropriété et leur calendrier
ObligationPour quels immeublesDepuis quandRenouvellement
DPE collectifImmeubles d'habitation collective dont le permis de construire est antérieur au 1er janvier 2013Échelonné de 2024 à 2026 selon le nombre de lots ; exigible partout depuis le 1er janvier 2026Tous les dix ans, sauf classe A, B ou C
Plan de travaux d'économies d'énergieCopropriétés qui ont réalisé leur DPE collectifQuestion inscrite à l'ordre du jour après le DPE collectifRempli par un plan pluriannuel qui comporte ces travaux
Plan pluriannuel de travauxImmeubles à usage total ou partiel d'habitation, quinze ans après leur réception2023 au-delà de 200 lots, 2024 de 51 à 200 lots, 2025 jusqu'à 50 lotsActualisé tous les dix ans
Fonds de travauxToutes les copropriétés, dix ans après la réception de l'immeubleMême calendrier que le plan pluriannuelCotisation chaque année
Diagnostic technique globalObligatoire à la mise en copropriété d'un immeuble de plus de dix ans ; facultatif ailleursSur décision de l'assemblée, à la majorité de l'article 24À l'appréciation de l'assemblée
Location

Louer un logement selon sa classe énergétique

En métropole, un logement qui n'atteint pas le niveau de performance minimal n'est plus décent.

Calendrier de la décence énergétique des logements loués, en métropole
Classe du DPELocationLoyer
G, au-delà de 450 kWh par m² et par anPlus décent depuis le 1er janvier 2023Gelé depuis le 24 août 2022
GPlus décent depuis le 1er janvier 2025Gelé depuis le 24 août 2022
FPlus décent à partir du 1er janvier 2028Gelé depuis le 24 août 2022
EPlus décent à partir du 1er janvier 2034Révisable
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Textes de référence

Les articles cités dans cette page

Chaque lien ouvre le texte sur Légifrance, où l'article se lit dans sa version en vigueur.

Questions fréquentes

Questions fréquentes

La rénovation énergétique est-elle obligatoire en copropriété ?

La loi n'impose pas de réaliser des travaux à une date donnée. Elle impose un DPE collectif, un plan pluriannuel de travaux, un fonds de travaux et, après le DPE, l'inscription à l'ordre du jour d'un plan de travaux d'économies d'énergie. Les travaux restent votés par l'assemblée ; mais un logement classé G n'est plus décent depuis 2025, et ne peut plus être loué.

Quelle majorité pour voter des travaux de rénovation énergétique ?

La majorité de l'article 25 : plus de la moitié des voix de tous les copropriétaires. Si la résolution recueille au moins le tiers de ces voix, un second vote a lieu immédiatement à la majorité de l'article 24, celle des voix exprimées.

Vérifier une majorité →

Un copropriétaire peut-il refuser le remplacement de ses fenêtres voté par l'assemblée ?

Si l'assemblée l'a voté à la majorité de l'article 25 comme travaux d'intérêt collectif sur parties privatives, il s'impose au copropriétaire, à ses frais, sauf s'il prouve avoir réalisé des travaux équivalents dans les dix années précédentes.

Qui peut demander MaPrimeRénov' Copropriété ?

Le syndicat des copropriétaires, par son syndic, qui dépose un dossier unique pour l'immeuble. La copropriété doit être immatriculée, avoir plus de quinze ans, compter assez de résidences principales, être accompagnée par une assistance à maîtrise d'ouvrage et viser un gain d'énergie d'au moins 35 %.

Comment le coût des travaux est-il réparti entre copropriétaires ?

Selon les clés de répartition du règlement de copropriété, en règle générale les charges générales pour l'enveloppe de l'immeuble. Les aides collectives réduisent la part de chacun ; chaque copropriétaire peut y ajouter ses aides individuelles, ou financer sa quote-part par l'éco-prêt copropriété.

Le guide des clés de répartition →

Mon logement est classé G, mais les travaux dépendent de la copropriété : que faire ?

Demander l'inscription des travaux à l'ordre du jour de la prochaine assemblée, avec un projet de résolution, et agir sur ce qui relève du lot : fenêtres, chauffage individuel, ventilation. En copropriété, le juge ne peut pas vous ordonner des travaux que seule l'assemblée pouvait décider si vous prouvez avoir fait ces démarches.

Combien coûte MaCoproActive ?

L'offre Copropriétaire coûte 24 € TTC par an, soit 2 € par mois. L'offre Copropriété coûte un forfait à partir de 50 € TTC par an selon le nombre de lots, plus 12 € TTC par lot, réglés en une fois : chaque copropriétaire de l'immeuble est alors couvert, sans rien payer de son côté.

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