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Plan pluriannuel de travaux (PPT) : à quoi il sert, qui doit l'avoir, comment le voter

Le plan pluriannuel de travaux (PPT) est le programme sur dix ans des travaux d'une copropriété : ce qu'il faut faire pour conserver l'immeuble, protéger la santé et la sécurité de ses occupants et réduire sa consommation d'énergie, avec l'estimation de leur coût, leur ordre de priorité et un échéancier. Un professionnel qualifié en établit le projet ; l'assemblée générale l'adopte, en tout ou partie. Depuis le 1er janvier 2025, ce projet est obligatoire pour tout immeuble en copropriété à usage d'habitation de plus de quinze ans, quel que soit le nombre de lots.

L'équipe MaCoproActive Mis à jour le 27 septembre 2026 12 min de lecture

Façade enduite d'un immeuble ancien, fenêtres à encadrement de pierre et descente d'eaux pluviales
Sa raison d'être

Pourquoi la loi a créé le plan pluriannuel de travaux

Jusqu'en 2023, programmer ses travaux restait facultatif : le diagnostic technique global, qui le permettait, n'était imposé qu'à la mise en copropriété. La loi Climat et résilience de 2021 en a fait une obligation, pour que les copropriétés anticipent leurs travaux au lieu de les subir.

  • Anticiper plutôt que subir. Une toiture, une façade, une chaufferie s'usent à un rythme connu. Sans programme, les travaux se décident dans l'urgence, quand une fuite ou une chute d'enduit les impose : il ne reste alors le temps ni de comparer les devis, ni de préparer le financement.
  • Étaler l'effort financier. Le plan chiffre les travaux des dix années à venir, et le fonds de travaux permet de les provisionner année après année. Une copropriété dont le plan est adopté y cotise au moins 2,5 % de son montant chaque année : le jour du chantier, l'appel de fonds en est d'autant réduit.
  • Enrayer la dégradation des immeubles. Des travaux repoussés d'une assemblée à l'autre finissent par toucher la solidité du bâtiment et la sécurité de ceux qui y vivent. Le plan oblige à nommer ces besoins et à les classer, avant qu'ils ne deviennent un danger.
  • Engager la rénovation énergétique. Le projet de plan estime la performance énergétique que ses travaux permettraient d'atteindre. L'enjeu est concret pour les bailleurs : un logement classé G n'est plus décent depuis 2025, et les classes F puis E suivront.
  • Informer ceux qui achètent. Le plan adopté, ou à défaut son projet, fait partie des documents remis à l'acquéreur d'un lot : il sait avant de signer quels travaux attendent l'immeuble, et ce qu'ils devraient coûter.
Bon à savoir : Le projet de plan et le plan adopté ne se confondent pas. Le projet, souvent abrégé PPPT, est la proposition du professionnel ; le plan, ou PPT, est ce que l'assemblée en a retenu. La loi impose d'établir le premier, pas d'adopter le second.
Obligatoire ?

Quelles copropriétés doivent avoir un plan pluriannuel de travaux ?

Toutes celles dont l'immeuble est à usage d'habitation et a plus de quinze ans, désormais sans distinction de taille.

  • Quinze ans après la réception. Le délai court à partir de la réception des travaux de construction de l'immeuble. Il suffit que l'immeuble soit à usage d'habitation, même en partie : un immeuble mixte, logements et commerces, est concerné ; un immeuble entièrement de bureaux ne l'est pas.
  • Une obligation entrée en vigueur par étapes. Le projet de plan a été exigé au 1er janvier 2023 des copropriétés de plus de 200 lots à usage de logements, de bureaux ou de commerces, au 1er janvier 2024 de celles de 51 à 200 lots, et au 1er janvier 2025 de toutes les autres, petites copropriétés comprises.
  • Actualisé tous les dix ans. Le plan n'est pas établi une fois pour toutes : un nouveau projet se dresse tous les dix ans, sur l'état de l'immeuble à cette date.
  • La dispense du DTG. Si un diagnostic technique global ne fait apparaître aucun besoin de travaux dans les dix années qui suivent, le syndicat est dispensé d'établir le projet de plan tant que ce diagnostic reste valable.
  • Le diagnostic structurel. Depuis la loi du 9 avril 2024, une commune peut imposer un diagnostic structurel aux immeubles d'habitation collective de certains secteurs ; en copropriété, l'élaboration du projet de plan remplit cette obligation.
Attention : Le maire, le président de l'intercommunalité ou le préfet peut à tout moment demander au syndic de lui transmettre le plan adopté. Faute de réponse dans le mois, ou si le plan ne prescrit pas les travaux nécessaires à la sécurité des occupants, il peut faire élaborer ou actualiser le projet d'office, à la place et aux frais du syndicat.
Contenu

Ce que contient le projet de plan pluriannuel

Le projet part d'une analyse du bâti et des équipements de l'immeuble, du DPE collectif et, s'il a été réalisé, du diagnostic technique global.

  • La liste des travaux nécessaires. Ceux qui sauvegardent l'immeuble, préservent la santé et la sécurité des occupants, font économiser l'énergie et réduisent les émissions de gaz à effet de serre : toiture, façades, structure, réseaux, chauffage, ascenseur, isolation, ventilation…
  • La performance énergétique atteignable. Le projet estime le niveau de performance que ces travaux permettraient à l'immeuble d'atteindre.
  • Une estimation sommaire des coûts. Chaque poste est chiffré à grands traits : c'est un ordre de grandeur pour décider et provisionner, pas un devis. Les devis viennent au moment de voter chaque chantier.
  • Une hiérarchie. Les travaux sont classés par priorité : ce qui ne peut pas attendre d'abord, ce qui peut être différé ensuite.
  • Un échéancier sur dix ans. Le projet propose une année pour chacun des travaux dont la réalisation apparaît nécessaire dans les dix ans.
Bon à savoir : Après le DPE collectif, le syndic doit inscrire à l'ordre du jour de l'assemblée un plan de travaux d'économies d'énergie ou un contrat de performance énergétique. Un plan pluriannuel qui comporte ces travaux remplit cette obligation.
En assemblée

Du projet au plan adopté : le parcours en assemblée générale

  • Choisir le professionnel. Le projet est confié à une personne qui justifie de compétences dans les techniques du bâtiment : diplôme sanctionnant au moins trois ans d'études supérieures, titre ou certification de même niveau, ou inscription à un ordre professionnel, comme celui des architectes. Elle atteste de son impartialité à l'égard du syndic, des fournisseurs d'énergie et des entreprises susceptibles d'intervenir sur l'immeuble, et elle est assurée en responsabilité civile professionnelle.
  • Voter les modalités d'élaboration. L'assemblée décide qui établira le projet et pour quel budget, à la majorité de l'article 24. Le conseil syndical peut préparer la consultation : plusieurs offres établies sur une même demande se comparent.
  • Présenter le projet. Le syndic présente le projet à la première assemblée générale qui suit son élaboration. S'il fait apparaître des travaux nécessaires dans les dix ans, il inscrit à l'ordre du jour la question de son adoption.
  • Adopter tout ou partie. L'assemblée peut retenir tout le projet, une partie seulement, ou rien. L'adoption se vote à la majorité de l'article 25, celle des voix de tous les copropriétaires ; si la résolution a recueilli au moins le tiers des voix, un second vote peut suivre aussitôt à la majorité de l'article 24.
  • Voter ensuite chaque chantier. Adopter le plan n'engage aucun travaux. Chacun se vote au fil des assemblées, selon l'échéancier, avec ses devis et à sa propre majorité : l'article 24 pour la conservation de l'immeuble et la sécurité des occupants, l'article 25 pour les économies d'énergie.
  • L'inscrire au carnet d'entretien. Les travaux du plan adopté et leur échéancier rejoignent le carnet d'entretien de l'immeuble, que le syndic tient à jour.
Bon à savoir : Il n'existe pas de barème pour un projet de plan : son prix dépend du nombre de bâtiments, des équipements et de ce qui est demandé, comme la présentation en assemblée. Seules des offres établies sur un même cahier des charges se comparent.
Une fois adopté

Ce que change un plan adopté

  • Le fonds de travaux se recalcule. La cotisation annuelle ne peut plus être inférieure à 2,5 % du montant des travaux du plan adopté, ni à 5 % du budget prévisionnel. L'assemblée peut voter davantage.
  • Le fonds finance le plan. Il couvre l'élaboration du projet, et d'un éventuel DTG, puis la réalisation des travaux du plan adopté ; l'assemblée décide de son affectation. Les sommes versées restent attachées au lot : un vendeur ne les récupère pas.
  • Un cadre pour chaque assemblée. Chaque année, le conseil syndical et le syndic regardent ce que l'échéancier prévoit, font établir les devis et inscrivent les travaux à l'ordre du jour : le plan tient lieu de feuille de route.
  • Un plan qui peut être revu. Un sinistre, un devis plus élevé que prévu, une aide nouvelle : le projet peut être révisé sans attendre dix ans, et la version révisée se présente à l'assemblée qui suit, comme la première.
Dans MaCoproActive

Suivre le plan et les travaux qu'il annonce

  • Le plan avec les diagnostics. Le projet de plan se range dans les diagnostics de l'immeuble, avec le DPE collectif et le DTG : date, conclusion, prestataire, rapport, et l'échéance de son actualisation, qui ressort d'elle-même dans les trois mois qui la précèdent.
  • Chaque poste devient un projet. Un projet de travaux porte le besoin, l'estimation, l'année visée et l'assemblée qui en décide ; la liste totalise les travaux envisagés. Le jour du vote, le projet passe en chantier, où les devis se comparent.
  • Le carnet d'entretien. Ce qui a été fait, par qui et pour combien, et les prochaines échéances : le carnet dit où en est l'immeuble par rapport à son plan.
  • Le vote en assemblée. Chaque résolution porte sa règle de majorité ; le vote en ligne se dépouille aux tantièmes et la fiche indique si la majorité est atteinte.
Bon à savoir : MaCoproActive n'établit pas le projet de plan : la loi le confie à un professionnel qualifié et indépendant. L'application sert à suivre le plan une fois adopté, et les travaux qu'il programme.
Du projet au plan adopté

Six étapes, deux majorités

L'assemblée intervient trois fois : pour lancer le projet, pour l'adopter, puis pour voter chaque chantier.

Les étapes du plan pluriannuel de travaux, de la décision d'établir le projet à son actualisation
ÉtapeQuiRègle
Décider d'établir le projetL'assemblée généraleModalités et budget votés à la majorité de l'article 24
Établir le projetUn professionnel qualifié et indépendantTravaux, performance énergétique atteignable, coûts, priorités, échéancier sur dix ans
Présenter le projetLe syndicÀ la première assemblée qui suit l'élaboration
Adopter tout ou partie du planL'assemblée généraleMajorité de l'article 25, second vote possible à l'article 24 si le tiers des voix est atteint
Voter chaque chantierL'assemblée généraleSelon l'échéancier : article 24 pour la conservation et la sécurité, article 25 pour les économies d'énergie
Actualiser le planLe syndic, qui fait établir un nouveau projetTous les dix ans
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Textes de référence

Les articles cités dans cette page

Chaque lien ouvre le texte sur Légifrance, où l'article se lit dans sa version en vigueur.

Questions fréquentes

Questions fréquentes

Qu'est-ce que le plan pluriannuel de travaux d'une copropriété ?

Le programme sur dix ans des travaux nécessaires à l'immeuble : conservation, santé et sécurité des occupants, économies d'énergie. Il estime leur coût, les classe par priorité et propose un échéancier. Un professionnel en établit le projet, que l'assemblée générale adopte en tout ou partie.

Le plan pluriannuel de travaux est-il obligatoire ?

Le projet de plan l'est pour tout immeuble en copropriété à usage d'habitation de plus de quinze ans : depuis 2023 au-delà de 200 lots, 2024 de 51 à 200 lots, et 2025 pour toutes les autres copropriétés. Son adoption reste au choix de l'assemblée. Un diagnostic technique global qui ne fait apparaître aucun besoin de travaux sur dix ans en dispense.

Quelle différence entre PPT et PPPT ?

Le PPPT, projet de plan pluriannuel de travaux, est la proposition établie par le professionnel. Le PPT est le plan que l'assemblée générale a adopté à partir de ce projet, en tout ou partie. C'est l'adoption qui relève la cotisation minimale au fonds de travaux.

Quelle majorité pour adopter le plan pluriannuel de travaux ?

La majorité de l'article 25, celle des voix de tous les copropriétaires. Si la résolution a recueilli au moins le tiers des voix, un second vote peut suivre aussitôt à la majorité de l'article 24. Le choix du professionnel et du budget, en amont, se vote à l'article 24.

Vérifier une majorité →

Qui peut établir le projet de plan pluriannuel de travaux ?

Un professionnel qui justifie de compétences dans les techniques du bâtiment, par un diplôme d'au moins trois ans d'études supérieures, un titre ou une certification de même niveau, ou l'inscription à un ordre professionnel comme celui des architectes. Il atteste de son impartialité à l'égard du syndic, des fournisseurs d'énergie et des entreprises, et il est assuré en responsabilité civile professionnelle.

Adopter le plan oblige-t-il à faire les travaux ?

Non. L'adoption fixe un cadre et un échéancier ; chaque chantier se vote ensuite en assemblée, avec ses devis, à la majorité qui lui revient. L'adoption relève en revanche la cotisation minimale au fonds de travaux.

Comment le plan pluriannuel de travaux est-il financé ?

Par le fonds de travaux, qui couvre l'élaboration du projet puis les travaux du plan adopté. Une fois le plan adopté, la cotisation annuelle atteint au moins 2,5 % du montant de ses travaux, sans descendre sous 5 % du budget prévisionnel ; elle se répartit entre les lots aux tantièmes des charges générales.

Calculer le fonds de travaux →

Le plan pluriannuel de travaux est-il remis à l'acheteur d'un appartement ?

Oui. Le plan adopté ou, s'il n'a pas été voté, le projet de plan fait partie des documents remis à l'acquéreur d'un lot de copropriété. Il lui indique les travaux à venir et leur coût estimé.

Que se passe-t-il si la copropriété n'a pas de plan pluriannuel de travaux ?

Le maire, le président de l'intercommunalité ou le préfet peut demander au syndic de le lui transmettre. Faute de réponse dans le mois, ou si le plan ne prescrit pas les travaux nécessaires à la sécurité des occupants, il peut le faire établir d'office, aux frais du syndicat.

Combien coûte MaCoproActive ?

L'offre Copropriétaire coûte 24 € TTC par an, soit 2 € par mois. L'offre Copropriété coûte un forfait à partir de 50 € TTC par an selon le nombre de lots, plus 12 € TTC par lot, réglés en une fois : chaque copropriétaire de l'immeuble est alors couvert, sans rien payer de son côté.

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