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Assurance de copropriété : qui assure quoi, et que faire en cas de sinistre

En copropriété, la loi impose une assurance de responsabilité civile au syndicat des copropriétaires et à chaque copropriétaire, qu'il occupe son lot ou le loue. Le syndicat souscrit en pratique une multirisque immeuble qui couvre aussi les dommages aux parties communes, et une assurance dommages-ouvrage avant certains travaux. Chacun assure ensuite ce qui lui revient : l'occupant son logement, le bailleur son lot, le locataire ses risques locatifs.

L'équipe MaCoproActive Mis à jour le 16 septembre 2026 7 min de lecture

Toiture en tuiles d'un immeuble en copropriété
Le syndicat

L'assurance de l'immeuble : ce que souscrit le syndicat

Le syndic souscrit et gère le contrat au nom du syndicat ; la prime est une charge générale, répartie aux tantièmes.

  • La responsabilité civile, obligatoire. Depuis la loi ALUR, tout syndicat de copropriétaires doit s'assurer contre les dommages que l'immeuble cause à des tiers : chute d'un élément de façade, passant blessé dans le hall, fuite d'une canalisation commune chez un voisin.
  • La multirisque immeuble, quasi systématique. La loi ne l'impose pas au-delà de la responsabilité civile, mais le règlement de copropriété le fait souvent, et sans elle un incendie des parties communes serait payé par les copropriétaires. Elle réunit dommages aux biens et responsabilité civile en un seul contrat.
  • Les garanties à trouver au contrat. Incendie et explosion, dégâts des eaux et recherche de fuite, tempête, grêle et neige, bris de glace, vol et vandalisme des parties communes, défense et recours. Les garanties catastrophes naturelles et attentats sont incluses de droit dans un contrat de dommages.
  • Assurer la bonne valeur. L'immeuble s'assure en valeur de reconstruction, sur la base de sa surface développée. Une clause de renonciation à la règle proportionnelle évite de voir l'indemnité réduite si cette surface a été mal estimée.
  • Mettre le contrat en concurrence. L'assemblée fixe le montant au-delà duquel les contrats sont mis en concurrence et soumis à l'avis du conseil syndical. Comparer les offres à garanties égales, franchises comprises, est le seul moyen de juger une prime.
Bon à savoir : Les références des contrats d'assurance de l'immeuble et leur échéance figurent dans le carnet d'entretien : tout copropriétaire peut les consulter.
Les copropriétaires

Ce que chaque occupant doit assurer

  • Le copropriétaire occupant. Il doit s'assurer en responsabilité civile. En pratique, une assurance multirisque habitation couvre à la fois cette responsabilité, son mobilier et les aménagements de son lot.
  • Le copropriétaire bailleur. Il est tenu à la même responsabilité civile, même s'il ne vit pas dans l'immeuble : c'est l'objet de l'assurance propriétaire non occupant, qui couvre aussi le lot vide entre deux locations.
  • Le locataire. La loi de 1989 l'oblige à s'assurer contre les risques locatifs — incendie, dégât des eaux, explosion — et à en remettre l'attestation au bailleur chaque année.
  • Parties communes ou privatives. Le règlement de copropriété dit ce qui relève de chacun. Une canalisation commune qui fuit relève du contrat de l'immeuble ; le joint de la douche d'un appartement, de l'assureur de l'occupant.
Les travaux

Dommages-ouvrage et décennale : assurer les travaux

  • La dommages-ouvrage. Avant d'ouvrir un chantier relevant de la garantie décennale — toiture, étanchéité, gros œuvre, ravalement avec imperméabilisation, isolation par l'extérieur —, le maître d'ouvrage, ici le syndicat, doit souscrire une assurance dommages-ouvrage.
  • Être réparé sans attendre. En cas de désordre, l'assureur dommages-ouvrage indemnise sans attendre qu'on établisse qui est responsable, puis se retourne contre les entreprises et leurs assureurs.
  • La décennale des entreprises. Chaque entreprise doit être assurée pour sa responsabilité décennale. L'attestation, avec les activités couvertes, se réclame avant la signature du devis et se range avec le marché.
Attention : Faire l'économie de la dommages-ouvrage expose la copropriété à des années de procédure avant d'être indemnisée si un désordre apparaît après la réception des travaux.
Le sinistre

Gérer un dégât des eaux ou un sinistre

  • Déclarer vite. Le sinistre se déclare à l'assureur dans le délai prévu au contrat, qui ne peut être inférieur à cinq jours ouvrés, deux pour un vol. Pour une catastrophe naturelle, le délai court à partir de la publication de l'arrêté.
  • Le constat amiable de dégât des eaux. Rempli par les occupants concernés, il décrit l'origine de la fuite et les locaux touchés. Le syndic le complète pour les parties communes et le transmet à l'assureur de l'immeuble.
  • La convention IRSI entre assureurs. Pour un dégât des eaux ou un incendie jusqu'à 5 000 € HT par local, c'est en principe l'assureur de l'occupant du local endommagé qui gère le dossier et indemnise, sans attendre de savoir qui est responsable. Au-delà, d'autres règles entre assureurs s'appliquent.
  • La franchise et les recours. La franchise du contrat de l'immeuble reste à la charge du syndicat. Si le dommage vient d'un lot identifié, le syndicat peut se retourner contre le copropriétaire responsable ou son assureur.
  • Surveiller la sinistralité. Des sinistres à répétition — une colonne d'eau vétuste, une toiture fuyarde — font monter la prime et peuvent conduire l'assureur à résilier. Réparer la cause coûte souvent moins que de continuer à déclarer.
Le syndic et le conseil

L'assurance de ceux qui gèrent

  • Le syndic professionnel. La loi Hoguet l'oblige à une assurance de responsabilité civile professionnelle et à une garantie financière qui couvre les fonds qu'il détient.
  • Le syndic bénévole et le conseil syndical. Aucune assurance spécifique n'est imposée, mais leur responsabilité peut être recherchée. Beaucoup de contrats d'immeuble l'étendent aux membres du conseil syndical et au syndic non professionnel : c'est à vérifier dans les conditions du contrat.
Dans l'application

Comment MaCoproActive tient les assurances de l'immeuble

  • Le contrat et son échéance. Le contrat d'assurance de l'immeuble se range chez l'assureur, avec sa prime, sa période et sa date de fin ; le contrat signé l'accompagne en pièce jointe.
  • Les primes rapprochées du compte. Chaque prélèvement de l'assureur se rattache à son contrat et à son poste du budget.
  • Le sinistre suivi jusqu'au bout. Un dégât signalé en incident devient, si besoin, une procédure de sinistre : déclaration, expertise, indemnité et travaux restent sur la même fiche, avec leurs pièces.
  • Les attestations à portée de main. Attestation d'assurance de l'immeuble, dommages-ouvrage, décennales des entreprises : les documents restent dans la bibliothèque de la copropriété et se transmettent au syndic suivant.
Récapitulatif

Qui assure quoi dans une copropriété

Ce que la loi impose, et ce qui n'est qu'usuel.

Les assurances d'une copropriété, par assuré
QuiAssuranceObligation
Syndicat des copropriétairesResponsabilité civile de l'immeubleObligatoire (art. 9-1 de la loi de 1965)
Syndicat des copropriétairesMultirisque immeuble : dommages aux parties communesUsuelle, souvent imposée par le règlement de copropriété
Syndicat des copropriétairesDommages-ouvrageObligatoire avant des travaux relevant de la garantie décennale (art. L. 242-1 du code des assurances)
Copropriétaire occupantResponsabilité civile, en pratique une multirisque habitationResponsabilité civile obligatoire (art. 9-1 de la loi de 1965)
Copropriétaire bailleurPropriétaire non occupantResponsabilité civile obligatoire (art. 9-1 de la loi de 1965)
LocataireRisques locatifsObligatoire, attestation remise chaque année (art. 7 de la loi du 6 juillet 1989)
Entreprise de travauxResponsabilité décennaleObligatoire pour les travaux de construction (art. 1792 du code civil et L. 241-1 du code des assurances)
Syndic professionnelResponsabilité civile professionnelle et garantie financièreObligatoires (loi Hoguet)
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Questions fréquentes

Questions fréquentes

L'assurance de la copropriété est-elle obligatoire ?

La responsabilité civile l'est : depuis la loi ALUR, le syndicat des copropriétaires doit s'assurer contre les dommages que l'immeuble cause aux tiers. La multirisque immeuble, qui couvre aussi les dommages aux parties communes, n'est pas imposée par la loi, mais le règlement de copropriété l'exige souvent et presque toutes les copropriétés en ont une.

Un copropriétaire doit-il s'assurer s'il loue son appartement ?

Oui. Chaque copropriétaire, occupant ou non, doit être assuré en responsabilité civile. Le bailleur souscrit en général une assurance propriétaire non occupant ; son locataire, lui, doit assurer ses risques locatifs.

Qui paie en cas de dégât des eaux dans une copropriété ?

Pour un sinistre jusqu'à 5 000 € HT par local, la convention IRSI désigne en principe l'assureur de l'occupant du local endommagé pour gérer le dossier et indemniser, sans attendre la recherche des responsabilités. Si la fuite vient d'une canalisation commune, le contrat de l'immeuble intervient ; si elle vient d'un lot, l'assureur de son occupant.

L'assurance dommages-ouvrage est-elle obligatoire pour des travaux en copropriété ?

Oui, dès que les travaux relèvent de la garantie décennale : toiture, étanchéité, gros œuvre, ravalement avec imperméabilisation, isolation par l'extérieur. Le syndicat, maître d'ouvrage, la souscrit avant l'ouverture du chantier. Elle permet d'être indemnisé sans attendre la recherche des responsabilités.

Les obligations d'entretien de l'immeuble →

Qui choisit l'assureur de l'immeuble ?

Le syndic souscrit le contrat au nom du syndicat. L'assemblée fixe le montant au-delà duquel les contrats sont mis en concurrence et soumis à l'avis du conseil syndical, qui peut aussi demander à comparer les offres.

Le rôle du conseil syndical →

Dans quel délai déclarer un sinistre ?

Dans le délai fixé par le contrat, qui ne peut être inférieur à cinq jours ouvrés, et deux jours ouvrés pour un vol. Pour une catastrophe naturelle, le délai court à compter de la publication de l'arrêté de reconnaissance.

Combien coûte MaCoproActive ?

L'offre Copropriétaire coûte 24 € TTC par an, soit 2 € par mois. L'offre Copropriété coûte un forfait à partir de 50 € TTC par an selon le nombre de lots, plus 12 € TTC par lot, réglés en une fois : chaque copropriétaire de l'immeuble est alors couvert, sans rien payer de son côté.

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